Ce 8 juin 2026, la Banque de la République d’Haïti a fixé le taux de référence à 130,5051 gourdes pour un dollar américain. Ce chiffre, en légère hausse sur une semaine, reflète les pressions persistantes sur la monnaie locale face au billet vert. Les opérateurs économiques notent que cette stabilité apparente masque en réalité des tensions sur le marché parallèle, où le dollar s’échange souvent au-dessus de 135 gourdes. Depuis le début de l’année, la gourde a perdu près de 8 % de sa valeur, sous l’effet conjugué d’une faible production nationale et d’une demande élevée en devises pour les importations.
Les transferts de la diaspora, bien qu’en progression de 5 % par rapport à 2025, peinent à compenser le déficit commercial chronique. Les produits de première nécessité riz, sucre, huile voient leurs prix réajustés à la hausse dans les marchés de Port-au-Prince et des villes de province. Les petits commerçants, qui dépendent du dollar pour leurs réapprovisionnements, témoignent d’une érosion quotidienne de leur pouvoir d’achat. Face à cette situation, la BRH maintient une politique d’injection ciblée de dollars pour lisser les fluctuations les plus brutales.
Les exportateurs, notamment dans le secteur agricole et textile, saluent un taux qui rend leurs produits plus compétitifs sur les marchés internationaux. Cependant, les importateurs de carburant et de matériaux de construction subissent de plein fouet la cherté des intrants. Les ménages modestes, qui n’ont pas accès au marché officiel des changes, sont contraints d’acheter des dollars à des cours bien supérieurs auprès des bureaux de change informels. La BRH appelle à la prudence et rappelle que ce taux de référence n’est qu’un indicateur, non une obligation pour les transactions privées.
À l’approche de la saison cyclonique, les craintes d’une nouvelle déstabilisation économique grandissent, tandis que les réserves internationales d’Haïti restent à un niveau jugé confortable mais vulnérable.
Les analystes prévoient une poursuite de la tendance dans les prochains mois, avec un risque de franchissement du seuil des 135 gourdes avant septembre.
En attendant, consommateurs et entreprises s’organisent dans une économie où chaque dollar compte et où la gourde, bien que fragile, continue d’être le reflet des réalités haïtiennes.

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